Sept (7) Recommandations du FILAL (2016)

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Sept (7) Recommandations du FILAL pour une nouvelle politique linguistique en Alsace

Assemblée générale du Fonds international pour la langue alsacienne (FILAL) – Sélestat 10 septembre 2016

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« Créer des « espace-temps » (immersion dans le temps et l’espace) pour l’Elsasserditsch »

Constatant que plus de 30% des enfants de moins de dix ans du Pays Basque français et du Pays de Galles sont aujourd’hui locuteurs de basque et de gallois alors que ces langues étaient en voie de disparition il y a 40 ans ;

Constatant que 38 % (étude sociolinguistique 2011) des adolescents locuteurs de basque ne sont pas issus de familles bascophones ;

Constatant que 15 % des enfants autochtones d’Hawaï sont aujourd’hui de parfaits locuteurs d’hawaïen alors qu’il y a avait moins de 50 enfants locuteurs d’hawaïen en 1987 ;

Rappelant que le rapport du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) du 7 mars 2005 conclut que la qualité de l’éducation en fin de primaire est proportionnelle au taux d’immersion en langue minoritaire dès le plus jeune âge ;

Rappelant que la place de la langue à l’école dès la maternelle est la plus déterminante pour la sauvegarde d’une langue minoritaire ;

Rappelant que le cœur de cible d’une politique linguistique est représenté par les enfants de 0 à 5 ans.

Rappelant que la langue régionale d’Alsace est constituée par l’ensemble des dialectes alsaciens et de leur expression écrite historique, l’allemand standard;

Le FILAL réuni en Assemblée générale à Sélestat le 10 septembre 2016 en présence de ses délégués cantonaux invite les collectivités alsaciennes (Conseils municipaux, départementaux et régional, et Communautés de communes) à 

Objectif 1 (qualitatif) : immersion complète

Atteindre 1 % d’effectifs en immersion complète en maternelle d’ici 2018 (soit 220 élèves/ sur 22 000 par classe d’âge) et 5% d’ici 2030 (plus de 1000 élèves par classe d’âge au niveau régional)

N.B : une classe d’âge fait en moyenne 22 000 individus en Alsace. Permettre à 5% d’entre eux d’évoluer en immersion revient à permettre à 1000 élèves d’atteindre l’immersion par classe d’âge. Avant le CP et l’accès au bilinguisme paritaire, il est indispensable de favoriser l’immersion en dialecte.  Le service public est passé à l’immersion totale en catalan à Perpignan  et en basque au Pays Basque.  Ces initiatives sont à mettre en parallèles avec le rapport de l’ECOSOC.  S’appuyant sur les constatations du rapport de l’ECOSOC du 7 mars 2005, il semble qu’aucune langue minoritaire ne puisse être sauvée sans immersion complète avant l’âge de 5 ans.

 Objectif 2 (quantitatif) : bilinguisme paritaire

Atteindre 30% d’effectifs bilingues à parité dans le primaire d’ici 2030 (50% en maternelle)

N.B : Jean Petit, psycholinguiste, estimait que le bilinguisme à parité français/Hochdeutsch était à la politique linguistique en Alsace ce que le SMIC était au salaire. Selon les spécialistes des minorités le seuil de 30% est psychologiquement décisif

 Objectif 3 : Crèches en immersion en dialecte

Ouvrir une ligne budgétaire spécifique au financement de crèches en immersion complète en dialecte.

 Objectif 4 : Périscolaire en dialecte

Créer des colonies de vacances (hiver, été) en immersion complète en dialecte

N.B : Des centres de vacances en immersion complète en dialecte existent en Pennsylvanie et au Brésil. Étonnant que ce pas n’ait pu encore être franchi en Alsace. C’est un moyen original et souple de permettre à des enfants – dès l’âge de 3 ans – d’évoluer dans une immersion complète en dialecte.  Il n’est pas inutile de s’appuyer sur les ressources des collectivités de pays voisins en rappelant le caractère transfrontalier de notre dialecte.

Objectif 5 : WebTV pour enfant en dialecte

Appuyer le développement d’une WebTV pour enfants n’émettant qu’en Elsasserditsch

 N.B : il est important dans un environnement essentiellement francophone que l’enfant puisse se retrouver facilement en face d’une immersion linguistique. Quand les parents ne sont pas dialectophones les supports audio et vidéo sont indispensables pour permettre à leurs enfants de bénéficier d’un apport en dialecte.  Le défi est celui de la production. L’OLCA pourrait mettre à disposition un matériel de doublage qui pourrait permettre à des militants de doubler des voix en Elsasserditsch de dessins animés existant dans d’autres langues.

Objectif 6 : Vie publique

Demander aux élus (maires, conseillers départementaux, régionaux et députés) qu’ils soient dialectophones ou non de recourir partiellement au dialecte/allemand à chacun de leur discours ces discours

N.B : les diplomates canadiens – qu’ils soient francophones ou non – ont l’obligation de prononcer une partie de leur discours en français dans les organisations internationales (17% de francophones au Canada). Ce recours est psychologiquement important pour valoriser la langue aux yeux du public. On peut même imaginer que chaque élu “Grandestien” soit invité à prononcer quelques phrases en allemand à chacun de ses discours en respect de la spécificité linguistique propre à l’Alsace-Moselle qui représente la moitié de la population de la région artificielle.

 Objectif 7 : Conquérir l’espace public/Etat civil/Téléphone

Demander que chaque collectivité publique ait une messagerie téléphonique en dialecte

N.B: Ce message pourrait être „ Sie send uf’m Antworter vum de Gmein von Xheim. Sie kenne a Nochrecht henterloh. Mer rieffa eich zruck so schnall wie meglich“ En appliquant à l’Alsace le modèle américain – Press one for English – Opprima dos para espagnol – nous devrions généraliser les messageries «  Appuyer sur 1 pour le français – drucka uff zwei fer elsasserditsch »

Demander que les actes de naissances soient bilingues français/Hochdeutsch en laissant la liberté aux communes d’imaginer une version français/Hochdeutsch/ Elsasserditsch à l’instar de ce qui se fait au Luxembourg.  

N.B: c’est une opportunité peu coûteuse et moyen souple de permettre à une population jeune d’être en contact avec le bilinguisme naturel de la région.

 

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4 responses to “Sept (7) Recommandations du FILAL (2016)

  1. Remarques à propos de l’objectif 2
    – il semble beaucoup plus pertinent de faire état de 30 %d’élèves en cursus bilingue plutôt que de « 30 % d’écoles proposant le bilinguisme »
    – l’objectif proposé s’inscrit à peu près dans le cadre de la convention en cours entre l’Education Nationale et les collectivités territoriales. Cette convention évoque 25 % des éleves entrant en 6e dans le cursus bilingue en 2030 (et sans aucune garantie « autour de 50 % d’élèves bilingues en Maternelle » à cette date)
    Aujourd’hui 15 % des élèves (maternelles et primaires) sont inscrits en bilingue. 30 % dans 15 ans c’est 1 % de plus par an donc une progression très lente…

    JJ Boislaroussie

  2. Remarques à propos de l’objectif 2
    – il semble beaucoup plus pertinent de faire état de 30 %d’élèves en cursus bilingue plutôt que de « 30 % d’écoles proposant le bilinguisme »
    – l’objectif proposé s’inscrit à peu près dans le cadre de la convention en cours entre l’Education Nationale et les collectivités territoriales. Cette convention évoque 25 % des éleves entrant en 6e dans le cursus bilingue en 2030 (et sans aucune garantie « autour de 50 % d’élèves bilingues en Maternelle » à cette date)
    Aujourd’hui 15 % des élèves (maternelles et primaires) sont inscrits en bilingue. 30 % dans 15 ans c’est 1 % de plus par an donc une progression très lente…

    • Vous avez raison il faut parler d’élèves en cursus bilingue plutôt que de « 30 % d’écoles. Le chiffre de 25 % sera atteint dans le cadre du rythme actuel. Notre idée est de suggérer un effort pour faire coïncider l’année 2030 et le %. Au niveau de la maternelle on est à 20 % sur l’ensemble de l’Alsace. On arrivera pas à 50 % en maternelle sans une moyenne de 30% au primaire. une croissance d’1 % représente 70 classes supplémentaires par an (environ 1500 élèves par an). Le record de création annuelle de classes a été de 63 au cours des 20 dernières années. Si on arrive à imposer un rythme de 70 classes par an nous arriverons à 30% en 2030. Cela signifie 35 enseignants nouveaux par an + ceux liés au départ à la retraite.

  3. Pingback: ACTES AG FILAL 2016 | F I L A L

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