ACTES AG FILAL 2016

Compte-rendu de l’Assemblée générale du Fonds international pour la langue alsacienne (FILAL), tenu le Samedi 10 septembre 2016, Salle Sainte-Barbe – Place de la Victoire – Sélestat sur le thème

COMPTE-RENDU à COMPLETER –

“Welche Sprachpolitik, um Elsässerdeutsch zu retten bei 2030“

ou contribution pour une politique linguistique alsacienne

 Mots d’accueil

 

Municipalité de Sélestat : bilan de la contribution linguistique de la Ville. 

  1. Robert Engel, Maire adjoint de la Ville de Sélestat a accueilli  les membres du FILAL en souhaitant une bonne séance de travail. Il a rappelé les efforts de la municipalité de Sélestat depuis l’arrivée à la mairie de M. Marcel Bauer en 2001. Des efforts qui ont permis à Sélestat d’atteindre le chiffre de près de 30% d’enfants de maternelle scolarisés en bilingue à parité en 15 ans.  Une progression exceptionnelle sur 15 ans

M. Richard WEISS, Président fondateur de l’association ABCM Zweisprachigkeit en 1990

Il y a 25 ans , à la rentrée scolaire de 1991, un quart de siècle presque jour pour jour, l’ Association pour le Bilinguisme en Classe dès la Maternelle ABCM-Zweisprachigkeit, présidée par Tomi UNGERER, ouvrait les 5 premières classes maternelles bilingues à parité horaire de l’histoire de l’Alsace, et cela grâce au soutien des associations culturelles et des élus ( conseillers municipaux, généraux, régionaux, maires, députés et sénateurs) qui le réclamaient à l’unanimité depuis… 1918 à l’administration de l’Education nationale.

Il y eut évidemment, comme à chaque nouveauté en France, car « en France on veut des changements mais on a peur des nouveautés » ,une levée de boucliers, des protestations venant des éternels jacobins corporatistes. Mais 2 ans après le « Mur de Berlin », chez nous en Alsace puis en Moselle, c’est le « mur du monolinguisme » qui tombait enfin !

A la rentrée suivante, en 1992, grâce à la nomination de M. Jean-Paul de Gaudemar, un recteur jeune, intelligent et sans complexes, l’Education nationale nous emboîtait le pas et ouvrait les premières classes publiques (c’est bien la preuve qu’il faut commencer…) Ce recteur a même essayé de pousser la logique pédagogique jusqu’au bout en proposant :

  • un plan de développement de l’enseignement bilingue au primaire,
  • la création d’ UN site bilingue par secteur de recrutement de collège et lycée,
  • des formations professionnelles spécifiques pour les futurs enseignants qui seraient nécessaires. Comme nous avons 125 établissements, cela signifiait à terme 125 classes à 8 niveaux, de la 6ème au bac, soit 1000 classes bilingues à parité !

Aujourd’hui nous sommes loin du compte malgré les pourcentages de 10 à 15% d’enfants bénéficiant de cet enseignement dans les différents types d’établissements primaires : publics, privés catholiques et associatifs ABCM-Zweisprachigkeit.

Certes il y a des classes en collège mais en nombre insuffisant et elles ne sont pas paritaires (certains enfants n’ont que 7 heures d’allemand et EN allemand par semaine !). De plus, le problème de la formation et du recrutement des enseignants n’est toujours pas réglé, alors qu’on nous disait que dès 1992 tous les ressortissants européens diplômés pourraient enseigner en France, donc dans l’Académie de Strasbourg !

Ce qu’on peut dire, pour conclure cette 1ère partie, c’est que si toutes les familles demandeuses d’enseignement bilingue avaient obtenu satisfaction pour leurs enfants, nous ne connaîtrions pas un taux de chômage de plus de 10%, unique dans l’histoire de notre région, Région Alsace qui a même disparu administrativement alors qu’elle est la seule région de France à continuer à financer les « Contrats de plan Etat-Région pour le développement de l’enseignement de l’allemand dans l’académie de Strasbourg » ! En somme : tout l’argent de nos collectivités – donc le nôtre – retourne à l’Etat !

Mais le constat le plus grave est la non-prise en compte de notre dialecte par l’Education nationale,qui continue à présenter l’allemand, le Hochdeutsch, comme une langue étrangère, comme « la langue de Goethe, la langue du voisin », alors que c’est aussi la langue de nos Prix Nobel Albert SCHWEITZER et Alfred KASTLER, la langue d’écrivains comme André Weckmann et le prolongement naturel de notre dialecte alsacien.

Selon une étude de l’OLCA, seuls 3% de nos enfants comprennent encore le dialecte en arrivant à l’école (et le perdent au bout de quelques mois, car ils sentent qu’il n’y a pas sa place, qu’il n’y est pas reconnu, si ce n’est pire !). Les textes officiels parlent en effet de simples « activités périscolaires »,ce qui est un moyen pratique pour l’évacuer des programmes. Ainsi, chacun peut faire ce qu’il veut et personne ne fait rien !

Comme au Luxembourg , au Québec,en Suisse et dans toutes les autres régions de France ayant une langue historique (Bretagne,Pays basque et catalan, Occitanie) nous proposons :

  • un saut quantitatif (l’immersion toute la journée) avant et pendant la scolarité maternelle, que ce soit dans des mini-crèches, des « Bubbalaschuala, des Kindergàrte, Bubbitànz, Vorschulen, Storicke-neschtla ».
  • puis un transfert naturel à la langue standard, die Dachsprache, le Hochdeutsch (lors du passage à l’écrit) avec évidemment poursuite d’activités en dialecte et introduction du français, dès que les enfant sauront lire et écrire en allemand, au CE1 ou CE2, comme cela se fait avec succès dans les autres régions de France.

Car rappelons que c’est grâce à l’immersion que nous les petits Alsaciens avons appris le français (et non à des doses homéopathiques et au périscolaire).

Comme le répète depuis des années M. Thierry KRANZER , l’immersion scolaire, c’est aussi LE modèle français car dans le monde entier. En effet, si une école veut obtenir le cachet, le label et les subventions du « Ministère de la Francophonie » , elle doit appliquer l’immersion scolaire complète ! Nous ne voyons pas pourquoi ce qui est valable dans le monde entier pour le français ne le serait pas pour notre langue qui, comme le français, nous met en contact avec 100 millions de locuteurs germanophones tout autour de nous.

Autant il était anormal qu’il n’y ait pas de maternelles bilingues « français-allemand ,langue régionale » en 1990, autant il est anormal qu’aujourd’hui il n’y en ait pas encore en immersion complète en alsacien !

Tous ces enfants sortiront parfaitement bilingues de nos écoles en immersion et seront fiers d’être des Alsaciens et des citoyens européens du XXIème siècle !

 

Thierry Kranzer, Fondateur du Filal : « L’immersion notre révolution ». 

Le président fondateur du FILAL a rappelé la motivation du FILAL consistant à stimuler une prise de conscience en matière de politique linguistique et l’urgence pour l’Alsace de passer à l’immersion totale en langue régionale dès la maternelle, 40 ans après la Bretagne, la Pays Basque et la Catalogne française.  Il a rappelé que les données empiriques nous démontrent que toutes les langues peuvent être sauvées et que nous savons comment : l’immersion totale le plus tôt possible. Il a rappelé que la sauvegarde de la langue alsacienne était plus aujourd’hui l’affaire des “Maires” que des “Mères” parce que dans nos sociétés de communication modernes les mères ne transmettent plus leur langue à leur enfant, mais s’adaptent à la langue que les enfants ramènent de l’école maternelle.

Il a noté que la dimension idéale aujourd’hui pour mener la reconquêtre linguistique était la communauté de communes parce qu’elle dispose des moyens d’ouvrir des crèches en immersion totale en dialecte.  Il a insisté qu’aucune langue ne peut survivre sans un cadre juridique garantissant son utilisation et sa reproduction dans le secteur public. L’idée qu’une langue puisse survivre en étant valorisée uniquement dans le cercle familial est un leurre et demeure un argument fallacieux et privilégié des opposants aux langues régionales ou minoritaires. Dans une société où les mamans transmettent de moins en moins leur langue à leur enfant mais s’adaptent à la langue que les enfants ramènent de l’école, cette immersion a aussi le pouvoir de changer les pratiques linguistiques des adultes de l’environnement familial de l’enfant.

Comme le montre le rapport du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) du 7 mars 2005, l’immersion complète en langue minoritaire demeure le meilleur moyen de préserver une langue minoritaire et d’augmenter la proportion des locuteurs de moins de dix ans.

Les francophones ont été les premiers à bénéficier de cet enseignement au Canada à partir des années 60, pas seulement au Québec, mais aussi au Nouveau Brunswick et plus tard en Nouvelle Ecosse (2001).

Plus près de nous, le Pays de Galles, le Pays Basque français et même la Bretagne ont su augmenter le pourcentage de locuteurs de moins de 10 ans grâce aux écoles en immersion complète en maternelle.

Et l’alsacien ?  Toute initiative visant à promouvoir l’alsacien (dialecte) est bienvenue. Mais l’idée que l’on puisse sauver une langue en faisant de le sensibilisation, des cours quelques heures par semaine est un leurre. L’expérience nous montre qu’il n’existe aucun endroit au monde dans la société de communication moderne ou une langue a pu se développer sans enseignement immersif des la maternelle.

 

Présentation du FILAL, ses réseau et site

Présentation du comité du FILAL et de son réseau de délégués cantonaux.

Le FILAL a élu le Comité suivant pour trois ans :

Thierry KRANZER, président; Philippe STEINMETZ, vice-président pour le 67 ; Richard WEISS, vice-président pour le 68 ; Jean Marie LORBER, Secrétaire-Général ; Christiane MAITRE, Secrétaire générale adjointe ; Trésorier, Matthieu BRODHAG, Trésorier adjoint, Christophe HARTMANN, Assesseurs, Jean PETER et Éric KLEIN

Le FILAL a nommé 40 délégués cantonaux qui auront pour responsabilité de diffuser l’information du FILAL au niveau de leur canton

Rapport du réviseur aux comptes, Matthieu Brodhag

Le réviseur aux comptes a présenté l’état des comptes en citant un solde de 22065 euros sur son compte au Crédit Mutuel et 1200 dollars sur le Compte de L’Union Alsacienne de New York qui a organisé des événements  au profit du FILAL. Il a indiqué que la bonne tenue et la gestion des comptes avait été facile à constater puisque le FILAL n’a effectué aucune dépense depuis sa création et que la quasi-totalité des mouvements se limitait à des dons.  Il a aussi rappelé que conformément à une décision du précédent et premier Comité du FILAL élu en 2011, le FILAL s’interdit toute dépense autre que celle liée au soutien d’une crèche ou maternelle en immersion complète en dialecte.

M. Jean Gensbeitel a été nommé réviseur aux comptes pour l’année 2017.

Nouvelle adresse du FILAL

Il a été pris note que la nouvelle adresse du siège social du FILAL est le 18, rue du Triangle, 68 000 Colmar

 

Immersion, Innovations : créer des « espace-temps » en dialecte

« Exemples de reconstruction linguistique » : Pays Basque, Pays de Galles et Hawaï : Jean Marie Lorber, Secrétaire général du FILAL

En Bretagne, le pourcentage d’enfants locuteurs de breton est passé de 0,2 à 2 pour cent entre 2002 et 2012. Au Pays Basque français, pour la première fois en 60 ans la courbe des locuteurs adolescents s’est inversée entre 2000 et 2010. Le pourcentage de locuteurs adolescents basques de 10 à 15 ans est maintenant supérieur à ce qu’il était il y a dix ans.

Même observation au Pays de Galles, où le gallois semblait condamné il y a 30 ans. Le nombre de locuteurs de moins de 10 ans ne cesse d’augmenter proportionnellement à l’ouverture d’école maternelles en immersion en gallois.

Depuis la Deddf Iaith Gymraeg (« loi sur la langue galloise ») en 1993, la place du gallois s’est accrue dans les institutions : les administrations sont tenues d’offrir leurs services dans les deux langues. En 2015, 20 % des enfants du pays de Galles sont scolarisés en immersion complète gallois et presque autant suivent une éducation bilingue à parité gallois/anglais.

Au Pays Basque français le succès des classes immersives associatives Ikastola – qui concerne 10% des effectis scolaires – a poussé l’éducation nationale à ouvrir les premières maternelles publiques basques en immersion complète  en 2012. A la rentrée 2015,  le Pays Basque Nord comprendra 12 écoles publiques maternelles  en immersion complète en basque.

À Hawaï, un recensement en 1987 avait relevé qu’il ne restait plus que 50 enfants parlant hawaïen. Face à ce constat, en 1987, le Hawaii State Board of Education (BOE) approuve le programme d’apprentissage de la langue hawaïenne par immersion (Ka Papahana Kaiapuni Hawaii) avec deux écoles pilotes : Keaukaha Elementary School, à Hilo, et Waiau Elementary School, à Pearl City, Oahu.  30 ans plus tard, l’île compte des milliers d’enfants locuteurs de hawaïen, langue polynésienne.

15 H 40 : Lancement de ELSASS TV, une WebTV gànz uff Elsasserditsch : Jean Noël Kempf ;

Jean Noël Kempf a présenté un projet innovant de ELSASS TV sur youtube permettant de disposer de support vidéo en dialecte pour les moins de cinq ans et ainsi accompagner les parents non dialectophones pour les aider à disposer pour leurs enfants de supports en dialecte.

Les « Premières maternelles en immersion complète en Alsace en 2017 “. Mme Sarbacher et Pascale Lux respectivement Présidente et Vice-Présidente  d’ABCM Zweisprachigkeit

A.B.C.M. Zweisprachigkeit, “ce sont 11 écoles : – 4 dans le Haut-Rhin à Lutterbach, Mulhouse, Ingersheim et Moosch, – 4 dans le Bas-Rhin, Schweighouse sur Moder, Haguenau, Saverne et Strasbourg, – 1 en Allemagne à Kappel Grafenhausen – 2 en Moselle, à Sarreguemines.

Nous avons démarré un enseignement bilingue paritaire calqué sur ce qui se faisait dans les écoles publiques dans d’autres régions de France, ce qui était déjà merveilleux pour l’Alsace alors que dans les autres régions de France, en Bretagne, en Occitanie, en Catalogne et au Pays Basque, les écoles associatives, soit  l’équivalent des écoles A.B.C.M. Zweisprachigkeit en Alsace et en Moselle, étaient déjà dans le modèle immersif depuis près de 20 ans.

Le passage au dialecte 

Les premières décisions concrètes d’introduction de la langue régionale dialectale ont été prises le 23 juin 2004 avec une décision à l’unanimité du Conseil d’administration d’A.B.C.M. Zweisprachigkeit de mettre en place une matinée en langue régionale dialectale en maternelle, en Alsace uniquement.  Le 05 décembre 2007, une nouvelle évolution a été adoptée à l’unanimité : Celle du passage à deux matinées d’enseignement en dialecte (alsacien ou platt mosellan), soit 6 heures d’enseignement hebdomadaire en langue dialectale.

La décision de l’Immersion 

Les 22 et 23 octobre 2011 ABCM a organisé un colloque intitulé “Sproochbad”à Mulhouse,  sous l’égide de l’ISLRF, institut d’enseignement supérieur, qui regroupe les écoles associatives A.B.C.M. Zweisrapchigkeit, Seaska, La Bressola, Diwan, Calendra et leurs centres de formation. “C’est à travers le colloque s’Sproochbàd, dédié au Professeur Jean PETIT, psycholinguiste, dont nous avons suivi les concepts et préceptes, que nous avons pu démontrer que, seul, un enseignement immersif en langue régionale peut donner à nos enfants une maîtrise écrite et orale réelle des deux langues, c’est à dire faire d’eux de vrais locuteurs bilingues.” ont indiqué Mme Sarcbacher et Lux.

La directrice pédagogique a mis en place des ateliers « immersion » et des journées pédagogiques dans le cadre de la formation continue depuis 2014.

2017 : An I de l’immersion complète en Alsace.  En clôture de leur intervention, les dirigeantes d’ABCM ont annoncé l’ouverture à la rentrée 2017 des trois premières maternelles en immersion complète en langue régionale avec la répartition suivante : 50% en Hochdeutsch et 50% en dialecte.

 

Initiatives Dialecte/scolaire 2016

« Perspectives de la nouvelle Commission politique linguistique du Conseil culturel alsacien (CCA) » 

Mme Pascale Erhart, Maître de Conférences, Université de Strasbourg et Présidente de  la Commission politique linguistique (CCA) a annoncé le démarrage en mai 2016 des travaux de la commission “politique linguistique” du CCA qui se décline en 3 groupes de travail autour de la promotion de l’enseignement bilingue, de l’articulation apprentissage du dialecte/apprentissage de l’allemand, et de la question “sauver les dialectes: pourquoi? comment?”

 

« Elsassisch en da Kender durich’s Spiel, d’Kunscht und Kültür bibrenga“; Benjamin Ludwig, intervenant pédagogique en dialecte dans le Dreiland – Communauté de Communes des Trois Frontières.

Actif depuis 2014, ce service a été mis en place avec le concours d’une subvention du Conseil Régional, sur un appel à projets, pour lequel la candidature de la Communauté de Communes des Trois Frontières, avait été retenue. Avec le soutien logistique et fonctionnel de l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA), il a été convenu de recruter un animateur-formateur, pour la promotion d’une Politique Linguistique Globale (PLG). Celle-ci a été définie lors des Assises de la Langue et Culture Régionale, qui se sont tenues entre 2013 et 2014 à Strasbourg.

Il s’agit de répondre au développement des classes bilingues français-allemand paritaires, par un soutien au dialecte alsacien, dans et hors de l’école. Les enfants ont accès à des activités de loisirs en dialecte, à des cours, et y sont ainsi sensibilisés. Parallèlement, l’objectif est d’amener vers un bilinguisme « vécu », à travers des événements grand public, des activités de loisir, des productions et diffusions culturelles en langue régionale. A noter : dans les écoles maternelles, l’agrément de l’éducation nationale n’autorise que les interventions en classes monolingues.

Bilan qualitatif :  – inscrire la langue régionale dans une nouvelle dynamique – envisager le bilinguisme dans une perspective de transversalité (domaines éducatif, sociétal,  culturel…) – comprendre le bilinguisme dans sa globalité (dialecte et standard, oral et écrit, base et élite)

Indices de satisfaction :  “De nombreuses marques de satisfaction sont produites par les partenaires, sur le terrain (professeurs des écoles, animateurs, bénévoles associatifs, personnels et élus municipaux). Le premier marqueur positif étant, sans doute, la volonté forte que les interventions et animations soient reconduites” a-t-il souligné avant de mettre l’accent sur la formation de bénévoles, afin d’assurer les multiples interventions demandées.  Il a souligné les encouragements, portés à notre connaissance par de nombreux parents, dont les enfants avaient pu suivre des cycles d’animation. Il nous a été fait part de progrès dans la maîtrise de la langue, de bons ressentis de la part des enfants, et d’une restitution des apprentissages.

Retombées :  Cela fait partie d’un projet novateur, qui n’avait jusque-là trouvé sa traduction, dans les faits, nulle part. Sa réussite, et l’investissement réalisé par notre groupement de communes, donne lieu à un examen au niveau régional, pour la dissémination envers d’autres collectivités.  Une nouvelle phase de test est à l’étude, à la Région et à l’OLCA, pour sélectionner deux nouveaux regroupements de communes, qui souhaiteraient mettre en place une politique linguistique globale, en faveur de la langue régionale.

Pour atteindre l’objectif de la réappropriation de la langue par les jeunes il est nécessaire de passer d’un bilinguisme scolaire et « subi », à un bilinguisme, voire un multilinguisme (si l’on distinque les dialectes alémaniques et l’allemand) « vécu », et assumé.

Progrès constatés

“Les choses les plus « spectaculaires », en un sens (mais ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre), ont lieu en structure de petite enfance. Les tout-petits se fiant bien plus au métalangage que les plus grands. Ils comprennent, réagissent, répètent… Le tout, pas forcément de manière consciente au départ, mais leur mémoire étant extrêmement plastique, ils retiennent et intègrent les apprentissages assez vite.

En écoles maternelles, j’ai pu faire quelques tentatives en classes bilingues, tout de même. Le fait est que les enfants ayant une assez bonne maîtrise, ou commençant à acquérir les bases en allemand, ont compris et participé. Néanmoins, on note, sans doute du fait de l’environnement scolaire, une tendance à se figer sur le Hochdeutsch, pour une prononciation orthodoxe.

Avec les enfants de maternelle que j’ai pu sensibiliser, il est possible d’avoir un résultat déjà encourageant, à partir d’une séance hebdomadaire, à condition que le professeur réinvestisse les notions, textes, jeux abordés, une ou plusieurs fois supplémentaires dans la semaine.

Pour les enfants à partir de 7 ans, nous n’avons presque que des expériences d’activités ludiques, donc pas de vrais cours. Mais ces activités font progresser, de manière indéniable. L’apport de la scolarité bilingue est important, mais cependant toujours moins que celui de la volonté individuelle de l’enfant, passant par un investissement affectif de l’activité, et de la langue. L’environnement – pas seulement familial – de l’enfant, joue également un rôle de catalyseur de premier plan.

« L’introduction du dialecte à l’école primaire de Grussenheim : impact et changement d’attitude »  par Angèle Rohmer intervenante en dialecte en primaire.

Depuis le 2 novembre 2015 et jusqu’au 4 juillet 2016 , une initiation en Alsacien , à raison d’une heure trente tous les lundi après midi dans deux classes ,13 élèves,  moyens et grands en Maternelle , et 15 élèves  CP /CE1 en  Primaire . Le vocabulaire, ( d’r Wortschàtz ) utilisé tout au long de l’année scolaire, comprend 105 mots appris et mémorisés. Deux chants , D’r Bummelzug ,provenant du CD “Kindergarte ” de Jean-Pierre ALBRECHT et d’Isabelle Grussenmeyer, “D´r  AIE AIE AIE” , chanté par Ludovic RENOIR ,et ses musiciens-chanteurs, originaires du Sundgau (Senger ùn Musikànter  vom Sundgaui ) Ludovic m’a gracieusement offert le CD , de son enregistrement personnel Des thèmes : Noël ( Winàchta ) le sapin de Noël, Pâques (d’Oschtera), le lièvre et l’œuf de Pâques, le Printemps (de Friajohr ), Les vacances ( d’Fehria ), Le corps humain en image et, le vocabulaire le concernant la famille , et sa composante Un livre,  une histoire à lire  ” S’Mimi ùn de ´ Léo ”  offert par l’OLCA de Strasbourg Les animations /initiations dialectales tournaient autour du Vocabulaire, des chants, jeux, bricolages ,langage, lecture , écriture, et dessin, (Wortschàtz, Senga, Spela,  Baschla, Bàbbla, Lässa , Schriwa , Mohla ).  Les parents rencontrés sont partie prenante pour l’enseignement de notre langue dans le programme scolaire  et pensent qu’il est important de faire renaître notre Elsàssische Sproch au travers de l’école. Eux même ne connaissant pas suffisamment de vocabulaire , pour initier leurs enfants.  Quant aux grands parents locuteurs, un lien, avec les petits enfants s’est créé en partageant leur langue maternelle , des échanges de souvenirs provenant de leur propre enfance ont fait surface , ainsi que le vocabulaire dans la vie de tous les jours .

Lors du repas des aînés offert par la commune de notre village , les enfants ont présenté un chant appris en initiation .( D’r Bummelzug ). Les personnes présentes y ont été très sensibles. Une mamie me disait: « depuis que tu vas à l’école, je ne parle qu’en Alsacien avec mes petits enfants, ces derniers me rapportent très souvent,  les mots qu’ils apprennent avec toi ! » À partir de mon initiation à l’école, des élèves sont venus spontanément me dire des mots appris et entendus chez les Mammema et Babbeba Ce lien, qui vient d’être tissé entre les générations, est magnifique !   Petite anecdote personnelle: depuis mon investissement scolaire, mon intérêt pour ma langue maternelle a décuplé.  Mes courses au marché St Joseph de Kolmer (Colmar) se font la plupart du temps ùf Elsàssich, les commerçants et maraîchers,  dialectophones sont ravis et partagent volontiers én unsri Sproch ,d’autres clients s’y mettent aussi. Quel bonheur pour eux, pour moi  ! Chacun d’entre nous,  peut apporter une pierre à l’édifice de notre culture linguistique.

Dans les années à venir, de plus en plus d’enfants seront initiés à notre dialecte Alsacien à l’école. Ce partage de langue se fera automatiquement avec les aînés et , ainsi l’Alsacien progressera chez nos petits et grands . Le nombre de locuteurs augmentera, ainsi que les lecteurs et les écrivains ! Nous avons de grands poètes et auteurs, actuels et du passé ! Ne vous abstenez pas de ces plaisirs de lecture. Notre langue, S’Elsasserditsch ne doit pas mourir, c’est une de nos richesses patrimoniales régionales “Unsri Kültür”. Aidez nous, à promouvoir notre patrimoine linguistique. Parlez en alsacien à chaque occasion, en famille, avec les amis,  em Theàter, lors de vos courses, en jouant avec les enfants, dans la rue, avec vos concitoyens, au sport …..

Bien sûr 1 H 30 par semaine ne suffit pas pour faire un locuteur parfait. Mais quand je vois l’impact d’une heure 30 de dialecte sur les enfants et leur entourage en terme de comportement linguistique, j’imagine ce que nous pourrions accomplir avec 1 H 30 par jour et je n’ai aucun doute sur notre faculté à sauver la langue en mode immersif comme l’ont fait les Basques, les Gallois, les Israéliens ou encore les hawaïens!”     Tout comme moi, vous allez avoir plaisir à parler , à lire et à promouvoir notre langue régionale autour de vous ! Tous unis nous allons gagner le pari de la sauvegarde de notre Elsasserditsch   Ès esch so Bombich Elsàssich t’ze  Redda !

“Focus sur les actions enfance / petite- enfance de l’OLCA”, par Isabelle Schoepfer

À Compléter

Projet d’introduction d’activités en dialecte au périscolaire pour tous les enfants des écoles de Colmar” . Nadia Hoog, parents d’élèves classes bilingues

À Compléter

Exemples de politiques linguistiques

 « Colmar et ses 25% d’écoliers bilingues” par Odile Uhlrich-Mallet.

“En 2008 lorsque j’ai pris la responsabilité du pôle éducation j’ai progressivement ouvert des nouvelles écoles bilingues. De 3 sites en 2008  nous sommes à 11 écoles maternelles et élémentaires publiques.  La stratégie : – participer activement aux réunions d’informations à destination des parents organisées par  l’inspecteur et le conseiller pédagogique. Utiliser l’article L131-5 du code de l’éducation pour inscrire les enfants à la mairie et non plus dans l’école. Accepter tous les enfants, y compris ceux des autres communes si il n’y a pas de site bilingue. Guichet unique d’inscription et aux mêmes dates, avec deux bureaux un monolingue et un bilingue. Distribution des outils de communication de l’association Eltern et de l’éducation nationale sur le bilinguisme précoce.”  Pour Soutenir les classes bilingues : -Mise en place de moyens financiers supplémentaires pour les déplacements en Allemagne et pour acheter des livres en langue allemande. -Aide aux devoirs gratuits en langue allemande.”   La Maire-adjointe de Colmar a précisé que le cœur de cible d’une politique linguistique doit être les enfants, car la quasi disparition de la transmission naturelle invite à chercher l’accroissement de locuteurs au sein des jeunes qui devenus adultes seront capables à leur tour de transmettre à leurs enfants. “mais c’est un objectif à 20 ans” a-t-elle précisé.

Elle a noté que les nombreux textes, contrat de plan 94-98, circulaires rectorales de 1993 (enseignement bilingue) et de 1995 sur le voie extensive, les conventions signées entre l’état et les collectivités 2000-2006 et  2007-2013 sur l’apprentissage précoce des langues régionales n’ont pas été réalisées. La jurisprudence a interprété les conventions signées entre l’éducation nationale et les collectivités comme ne créant pas de droit pour les tiers (associations de parents d’élèves) pour obtenir la mise en œuvre effective des dispositions qui y sont contenues.

Comparaison des effectifs bilingues de Saint-Louis, Mulhouse, Colmar, Sélestat, Guebwiller, Haguenau et Strasbourg.

A titre d’illustration de la volonté politique, il a été présenté un tableau comparant les taux d’accès à l’éducation bilingue.  Il a été mis en exergue le chiffre exceptionnel de 45% d’effectifs de maternelle en bilingue à parité à Guebwiller, suivi de près par Sélestat et Colmar qui affichent près de 30% d’effectifs en bilingue en maternelle.  Loin derrière, Strasbourg et Mulhouse n’ont que 10% des effectifs en bilingue, même si les observateurs du bilinguisme notent la mise en place d’une nouvelle équipe extrêmement dynamique à la tête de la municipalité de Mulhouse.

Adoption des recommandations

 17 H 00 : Adoption des sept recommandations du FILAL pour une nouvelle politique linguistique : ” 

Du 1% immersion  maternelle au 30% de classes bilingues paritaires”.

L’AG s’est terminée par l’adoption par l’adoption par les délégués cantonaux du FILAL d’une série de 7 recommandations de politique linguistique disponible au lien suivant Click. Ces recommandations, outre l’objectif de 1% des effectifs de maternelle en immersion complète d’ici 2018 et 30% des effectifs primaires en bilingue à parité, appellent les collectivités – des communes à la Région – à ouvrir des lignes pour financer des structures en immersion totale, crèches et maternelles.

 

Contribution de Mme Brigitte MOOG, Présidente du Groupement du Théâtre du Rhin (GTR)

Avant la clôture de l’AG, Mme MOOG, Présidente du Groupement du Théâtre du Rhin (GTR)  a fait une communication sur la contribution du Groupement à la promotion du dialecte auprès de 600 enfants.

” Nous avons 40 troupes de jeunes de 6 à 18 ans également affiliées chez nous, ce qui fait environ 600 jeunes et nous leur organisons tous les ans depuis 19 ans maintenant un festival de théâtre dialectal sur 4 jours. Environs 350 jeunes y participent. (…) je propose au FILAL d’intervenir une dizaine de minutes et expliquer l’action du FILAL lors de notre Assemblée générale  du 23 octobre au CCA de Sélestat. Je vais proposer de faire un partenariat pour rassembler des dons et également un appel aux troupes jeunes pour filmer des sketches qui pourra servir les ambitions de la ELSASS TV en dialecte (…)  L’Avant Garde du Rhin , Association de la Fédération Sportive et Culturelle de France à laquelle nous sommes affilié possède au Champ du Feu un centre de vacances pour Jeunes, qui pourrait servir de colonie de vacances « centre de vacances Les Sapins ».  C’est assez complexe une colonie pour l’avoir déjà proposé à nos troupes, il faut également un directeur de colonie possédant le BAFA Cadre.

17 H 15: clôture et verre de l’amitié mit ein paar Süssigkeiten.
Image en ligne

 

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