ABCM lance l’immersion totale en langue regionale en septembre 2017

3 mars 2017
Depuis une dizaine d’années, les écoles associatives bilingues ABCM Zweisprachigkeit, qui proposent un enseignement français-allemand à parité horaire, constataient que le niveau linguistique en allemand, et notamment la production orale et écrite des enfants à la sortie du CM2, n’étaient plus suffisants pour en faire de réels bilingues.
Toujours précurseur

« Il y a quinze ans, l’alsacien et l’allemand étaient bien plus présents dans les familles », rappelle Karine Sarbacher, présidente de l’association ABCM qui s’est « toujours voulue précurseur en matière de pédagogie et d’enseignement bilingue, en s’adaptant avec des formations, des méthodes, des manuels… »

ABCM s’est donc attelée à trouver la parade. Et la solution est venue de l’Institut supérieur des langues de la République française qui réunit également les écoles basques, bretonnes, catalanes et occitanes qui, elles, proposent une immersion totale dès la maternelle et parfois jusqu’au cycle 2. En 2011, l’immersion « compensatoire » est donc décidée à ABCM.

À la maternelle de Lutterbach, depuis le début, ABCM propose un enseignement à 75 % en allemand. À Mulhouse, ABCM a introduit en maternelle il y a six ans, en plus des deux jours en allemand, deux matinées en alsacien. « Avec pour résultats une réelle différence de la compréhension et de l’expression à l’arrivée au CP », assure Sabine Rudio, directrice pédagogique à l’ABCM.

Depuis, l’équipe pédagogique de l’association planche pour former une vingtaine d’enseignants au travers d’ateliers, et leur proposer des outils, mettre en place une pédagogie institutionnelle, sans manuel, inspirée des techniques Freinet.
À la rentrée prochaine, les écoles ABCM de Mulhouse, Ingersheim et Haguenau passeront donc à l’immersion totale en maternelle, deux jours en allemand, deux jours en alsacien ; et trois ans plus tard (pour les enfants arrivés en maternelle en 2017), l’immersion totale en allemand, au CP. Le français sera alors introduit au CE1 à raison de 10 heures par semaine, avec encore deux heures en alsacien (de même au CE2, puis 11 heures de français au CM).

« Quand on lit dans une langue, on lit dans l’autre »

« L’apprentissage de la lecture au CP se fera exclusivement en allemand. Mais les sons de base sont les mêmes qu’en français. Au CE1, les enfants découvriront les phonèmes spécifiques au français et le transfert se fera naturellement. Quand on sait lire en une langue, on sait lire dans l’autre, assure Sabine Rudio. Le français, ils l’entendront et le liront partout ailleurs. Et les parents seront d’ailleurs davantage impliqués dans la scolarité en français de leur enfant. »
« Ainsi, on se différenciera davantage des écoles bilingues publiques, souligne Karine Sarbacher ; avec des résultats encore plus significatifs, comme le souhaitent les collectivités qui nous soutiennent malgré les restrictions budgétaires. » Car le but est bien, à terme, que les enfants parviennent à s’exprimer en allemand.

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