L’Alsace n’est pas la Corse !?

Flag of Alsace

Par Jean Marie Woehrling

Ce slogan, repris par les autorités parisiennes comme par certains de nos élus (Sylvain Wasermann), est symptomatique d’une stratégie de négation d’une spécificité alsacienne afin de justifier un refus de prise en compte des « intérêts propres » de notre région.

Les spécificités géographiques, économiques, culturelles ou sociales de la Corse sont reconnues, pas celles de l’Alsace. La Corse bénéficie d’un statut particulier et même d’un projet de reconnaissance dans la Constitution que l’on conteste à l’Alsace. Pourtant, sa situation frontalière et rhénane, son histoire, son patrimoine linguistique, son droit particulier, ses traditions sociales et religieuses, manifestent des spécificités aussi importantes et légitimes que celles de la Corse, sinon encore plus marquées. Mais aux yeux de certains, bien que l’Alsace soit d’un légalisme désarmant, son autonomie parait plus inquiétante que celle de la Corse.

Ce refus de reconnaissance est à la base de l’attitude négative du Conseil constitutionnel à l’égard du droit local et fondait dès 1918 la position de ceux qui voulaient une « réintégration » sans concession dans le système idéologique français. On retrouve la même préoccupation de dénégation dans l’étonnante demande  de certains élus (Eric Elkouby, Gilbert Meyer) que la fusion des deux départements alsaciens se fasse sans aucune compétence supplémentaire.

Même les élus alsaciens les plus engagés dans le sens de la reconnaissance pour l’Alsace d’un statut particulier hésitent à désigner de manière claire les « spécificités » que l’on invoque. On parle ainsi de « multilinguisme » ou de « compétences linguistiques » au lieu de nommer  ce qui reste le cœur (hélas bien abimé) de notre identité : notre langue régionale : l’allemand d’Alsace : Elsasserditsch und Hochditsch.

La bataille pour la reconnaissance de l’Alsace ne saurait se situer principalement dans un marchandage sur quelques compétences supplémentaires. Il faut d’abord affirmer et faire reconnaître nos intérêts propres et légitimes. Comme les Corses qui n’hésitent pas à revendiquer un statut pour leur langue !

L’Alsace n’est pas la Corse, mais ferait bien d’en prendre exemple quant à sa capacité de définir et de faire reconnaître son droit à la différence.

 

 

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